Pour la première fois depuis 4 ans, elle abandonne plastique, bombe et scalpel et reprend feutres, crayons et pinceaux pour interpréter l’actualité comme elle aime le faire jusqu’à se définir volontiers comme une « journaliste artistique ». Pour son dernier projet, après avoir demandé à ses amis de réaliser leur selfie, Sophie nous livre une galerie d’une dizaine de portraits masqués et lunettés* pour refléter ce monde confiné et en état d’urgence qui est le nôtre depuis plus d’un an. Pour cette réalisation, pas d’atelier, retour aux basiques et à la couleur plutôt que la transparence et le noir et blanc, pour paradoxalement donner plus d’âme à ces portraits en mi-anonymat. Dans toutes ses œuvres, Sophie aime exprimer la dualité du monde dans lequel nous évoluons : D’un côté, la dissimulation, nos sens bridés -vue, odorat, goût-, nos repères chamboulés, notre vulnérabilité : victime des maux de sa modernité, l’homme se confronte à l’extérieur. De l’autre la protection, le soin, la guérison et le reflet de notre propre comédie humaine, de ce qui nous entoure et donne l’espoir de continuer à vivre cette « masquerade ».
Cécile Bouzereau